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Comment préparer la fiche à remettre à votre coiffeuse avant d’arrêter la coloration ?

guide pratique Publié le Mise à jour le 11 minutes de lecture

Vous savez que vous voulez arrêter, mais devant le fauteuil les mots manquent et la conversation se termine sur une couvrante de plus. Une fiche écrite, remise en début de rendez vous, change complètement l’échange. Voici comment la construire, poste par poste, avec les termes réellement compris en salon.

Femme d’une cinquantaine d’années assise à une table de cuisine, remplissant au stylo une fiche cartonnée posée à côté de tirages photo de ses cheveux
Carnet de démarcation, guide pratique

La fiche tient sur une page recto, et vous la remettez au début du rendez vous, avant le passage au bac. Elle contient cinq blocs: votre historique de coloration, trois photographies de votre ligne de démarcation, une colonne accepté et une colonne refusé, les termes techniques que vous employez, et le rythme de passage en salon que vous acceptez sur douze mois.

Ce document ne s’impose à personne, il évite de deviner. Une coloriste qui reçoit une cliente en transition travaille presque toujours sans historique fiable, et c’est cette absence, bien plus qu’un désaccord de goût, qui ramène la conversation vers la couvrante habituelle.

BlocCe que vous y mettezCe que cela change en fauteuil
HistoriqueNature des produits posés, fréquence, date du dernier passageLe diagnostic se fait sur des faits, pas sur une estimation visuelle
PhotosRaie de face, profil droit, sommet du crâneLa progression se mesure d’un mois sur l’autre, sans discussion
Accepté et refuséDeux colonnes remplies chez vous, à froidLe refus tient, même quand la proposition arrive à la fin
VocabulairePatine, gloss, balayage d’intégration, ton sur tonLa demande n’est plus reformulée en solution standard
Rythme et budgetNombre de passages acceptés sur l’annéeLe scénario proposé est tenable jusqu’au bout

Commencer par l’historique, pas par l’envie

La première question d’une coloriste expérimentée n’est jamais celle que vous préparez. Elle porte sur ce qui a déjà été posé sur ces cheveux, pas sur le résultat souhaité. Commencez votre fiche par là.

Coloration couvrante, ton sur ton ou coloration maison, la différence compte

Une coloration couvrante d’oxydation, une coloration ton sur ton et un henné ne se comportent pas de la même manière quand on cherche à les faire sortir. Le mot que vous employez dans votre fiche oriente donc directement ce qui sera possible à cette séance et ce qui ne le sera pas.

Notez, dans l’ordre: la nature du produit, l’endroit où il a été posé, salon ou maison, la fréquence des retouches, la date du dernier passage. Ajoutez les hennés, les colorations végétales et les gloss réalisés ailleurs, même anciens, même faits une seule fois.

Si la référence exacte vous échappe, écrivez ce que vous savez: couvrante posée toutes les cinq semaines depuis onze ans, dernière retouche il y a trois semaines. Une phrase datée vaut mieux qu’un numéro de nuance approximatif.

Le pourcentage de blanc et sa répartition réelle sur la tête

Le pourcentage de blanc est utile, mais il ment tout seul. Le blanc ne s’installe presque jamais de façon uniforme: les tempes et la raie médiane sont souvent très en avance sur la nuque, parfois de plusieurs années.

C’est cette répartition qui oriente le scénario, davantage que le chiffre global. Une chevelure blanche sur tout l’encadrement du visage et encore pigmentée derrière n’appelle pas le même travail qu’un blanc réparti par petites mèches sur l’ensemble.

Écrivez donc deux lignes: une estimation globale, puis une description par zones, tempes, raie, sommet, nuque. Votre coiffeuse vérifiera au peigne, mais elle saura d’emblée ce que vous avez observé.

Photographier votre ligne de démarcation avant d’y aller

Les photographies ne montrent pas un objectif. Elles établissent un état des lieux daté, comparable dans quatre semaines et dans huit mois.

Trois cadrages qui montrent vraiment la limite

Trois prises suffisent, toujours les mêmes, cheveux secs et non coiffés.

  1. La raie de face, cheveux séparés à leur pli naturel, téléphone à hauteur des yeux.
  2. Le profil droit, cheveux ramenés en arrière derrière l’oreille, pour voir la tempe et la hauteur de repousse.
  3. Le sommet du crâne en légère plongée, bras tendu ou photographié par quelqu’un, pour la zone la plus visible en réunion.

Gardez la même distance et le même cadrage d’un mois sur l’autre, avec un repère fixe dans l’image, angle de mur ou bord de fenêtre.

La lumière de fenêtre, la seule lumière fiable

Une salle de bains éclairée par une ampoule chaude réchauffe les blancs et fait apparaître des reflets jaunes qui n’existent pas. Un néon froid produit l’effet inverse et blanchit une repousse encore beige.

Placez vous à un mètre d’une fenêtre, sans lampe allumée, en lumière indirecte, de préférence en fin de matinée. Aucun filtre, aucun recadrage après coup, et une date sur chaque série le jour même.

Écrire noir sur blanc ce que vous acceptez et ce que vous refusez

C’est le bloc qui change tout, et celui que l’on saute. Un refus improvisé dans le fauteuil, peignoir sur les épaules, se tient mal. Un refus écrit avant de partir se tient très bien, parce qu’il ne se décide plus au moment où on vous le demande.

Une colonne accepté, une colonne refusé, remplies avant le rendez vous

Tracez deux colonnes et remplissez les à froid, la veille. À gauche, ce que vous acceptez: une coupe, une patine froide, un travail sur les contours du visage, un rendez vous de contrôle dans six semaines. À droite, ce que vous refusez pour cette séance précisément.

Formulez à la première personne, en phrases complètes, prêtes à être lues à voix haute. Par exemple: j’accepte une patine sur les longueurs aujourd’hui, je souhaite garder ma racine telle qu’elle est.

Les trois refus qui vous évitent le plus de reculs

Trois refus suffisent à protéger la quasi totalité des transitions abandonnées.

  • Pas de coloration couvrante sur les racines, même en fin de séance, même en dépannage avant un événement.
  • Pas de décoloration sur l’ensemble des longueurs lors de ce rendez vous, un travail par zones restant possible.
  • Pas de changement de scénario décidé pendant la prestation: toute proposition nouvelle est notée et tranchée au rendez vous suivant.

Le troisième est le plus utile et le moins spontané: il vous laisse rentrer chez vous avec une idée plutôt qu’avec une couleur.

Employer les mots que la profession emploie réellement

Une demande formulée avec un mot approximatif est reformulée par le salon, et une reformulation aboutit presque toujours à la prestation la plus courante de la maison. Le vocabulaire protège votre intention.

Patine, gloss et coloration ton sur ton ne désignent pas la même chose

La patine dépose un reflet, généralement pour neutraliser une dominante indésirable, sans éclaircir. Le gloss apporte de la brillance et un voile de couleur léger, souvent sans ammoniaque, avec une tenue courte. La coloration ton sur ton dépose un pigment plus franc, sans éclaircir la base, et s’estompe progressivement.

Aucune de ces trois prestations ne fait disparaître une démarcation. Elles la rendent plus douce à l’oeil pendant un temps variable, ce qui n’est pas la même promesse. Écrivez dans votre fiche celle que vous demandez, et ajoutez ce que vous en attendez.

Balayage d’intégration, démaquillage de couleur, fond d’éclaircissement

Le balayage d’intégration éclaircit des sections choisies pour rapprocher les longueurs colorées de votre blanc et brouiller la limite. Le démaquillage de couleur cherche à retirer un pigment artificiel déjà déposé, sans toucher à la mélanine. Le fond d’éclaircissement désigne la teinte qu’atteint le cheveu quand on l’éclaircit, du roux au jaune très clair selon la base.

Ce dernier terme explique beaucoup de déceptions. Deux têtes éclaircies avec le même produit ne donnent pas le même fond, donc pas le même travail de patine derrière. Le comparatif des scénarios, coupe courte, fondu progressif ou balayage d’intégration, détaille ce que chacun demande sur la durée.

Poser le rythme et le budget avant de choisir la technique

Un scénario technique parfait qui suppose sept passages en salon dans l’année ne vaut rien si vous en acceptez trois. Le rythme se pose donc avant la technique, et non l’inverse.

Le nombre de passages en salon que vous acceptez sur douze mois

Écrivez un chiffre, même approximatif, et la période qui vous arrange: trois passages en janvier, mai et septembre, ou six toutes les huit semaines hors vacances scolaires.

Annoncez le dès la première minute. Une coloriste qui connaît votre rythme ne proposera pas un plan de fondu qui suppose des retouches rapprochées, et vous n’aurez pas à décliner trois fois la même idée.

Demander le prix affiché de chaque prestation citée

Le professionnel doit porter les prix de ses prestations à la connaissance du client avant l’exécution, en application de l’article L. 112-1 du code de la consommation et de l’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix. Demander le tarif d’une patine, d’un gloss, d’un balayage ou d’une coupe n’a donc rien d’une exigence déplacée.

Faites le poste par poste, pendant l’échange, et notez les montants sur votre fiche à côté de chaque terme. Ces règles d’information sont présentées sur le site du ministère de l’économie et des finances. Le détail de ce qu’un salon doit vous dire avant la pose fait l’objet d’un article complet sur vos droits d’information en salon de coiffure.

Repartir avec une trace écrite du rendez vous

La fiche que vous apportez est la moitié du travail. L’autre moitié est ce que vous emportez en repartant, et qui servira dans six semaines, puis dans six mois.

Ce que vous notez pendant la prestation

Notez à chaud, avant de quitter le salon.

  • La technique employée et son nom exact, tel que la coloriste l’a prononcé.
  • Les zones traitées et les zones volontairement laissées de côté.
  • La hauteur de la démarcation ce jour là, mesurée à la règle sur la raie.
  • Le rendu obtenu et son écart avec ce qui était annoncé.
  • Le délai proposé avant le passage suivant.

Le carnet de patines qui évite les corrections contradictoires

Une patine posée pour éteindre un reflet jaune et une autre posée trois mois plus tard pour réchauffer un gris trop froid s’annulent. Sans trace écrite, personne ne s’en aperçoit, et la troisième correction repart dans une direction encore différente.

Tenez donc la liste, par date, de chaque patine, gloss ou coloration posée depuis le début de la transition, avec le rendu obtenu et sa durée réelle. Ce carnet devient indispensable le jour où vous changez de salon ou de coloriste en cours de route.

La fiche se construit en deux fois trente minutes: historique et photos un soir, colonnes et vocabulaire le lendemain. Elle transforme un rendez vous subi en un rendez vous décidé à deux, et la séance suivante commence là où celle ci s’est arrêtée.

C’est exactement ce que Argentelle assemble dans votre dossier de transition: historique daté, séries photographiques comparables, colonnes accepté et refusé, carnet de patines et fiche imprimable pour chaque passage en salon. Si vous préférez partir d’une liste plus courte pour votre tout premier rendez vous, notre checklist à préparer avant le rendez vous qui lance la transition s’en tient à l’essentiel. Pour voir ce que donnerait votre fiche à partir de vos photos et de votre longueur, demandez une démonstration de votre plan de transition.

Suite du dossier

Argentelle reprend ce que vous venez de lire et le transforme en dossier daté : calendrier calé sur votre longueur, fiche de rendez vous rédigée en vocabulaire de salon et galerie comparative alimentée chaque mois par vos photos.

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L’auteur Portrait de Jimenez Julien, éditeur d’Argentelle
Jimenez Julien

Jimenez Julien édite Argentelle, le dossier qui met par écrit le calendrier d’une transition vers les cheveux blancs, les photos datées de la repousse et les mots à employer en salon. Il a construit ce carnet en écoutant des coloristes indépendantes et des clientes qui avaient déjà renoncé une fois à laisser pousser leur racine.

Le parcours de Jimenez Julien et la raison d’être d’Argentelle

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