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Qu’est ce qu’un salon doit vraiment vous dire avant de poser une coloration ?

reglementation Publié le Mise à jour le 11 minutes de lecture

Prix affichés, avertissements sur les colorants, test préalable, photos publiées sur les réseaux : beaucoup de règles circulent en salon, et toutes ne sont pas des obligations. Voici ce que les textes imposent réellement au professionnel, ce qu’ils laissent à sa main, et ce que vous pouvez demander sans passer pour une cliente difficile.

Coiffeuse d’une quarantaine d’années présentant à une cliente assise un nuancier de mèches cartonné, dans un salon éclairé par une vitrine
Carnet de démarcation, reglementation

Deux choses seulement sont des obligations opposables avant une coloration: vous être informée du prix et des caractéristiques essentielles de la prestation, et travailler avec un produit conforme au règlement européen sur les cosmétiques, dûment étiqueté et sous la responsabilité d’un opérateur identifié.

Tout le reste relève des consignes des fabricants, des usages professionnels et de la prudence du salon. C’est le cas de la touche d’essai, du délai entre deux prestations techniques, du choix de la méthode et de la durée annoncée pour votre transition.

L’information sur les prix, la règle la plus concrète

C’est le point où votre position est la plus solide, et curieusement celui que l’on ose le moins aborder au moment de s’asseoir.

Ce que le professionnel doit porter à votre connaissance avant la prestation

L’article L. 111-1 du code de la consommation impose au professionnel, avant la conclusion du contrat, de communiquer au consommateur les caractéristiques essentielles de la prestation, son prix, et le délai dans lequel elle sera exécutée. Cette information est due avant, pas après le passage au bac.

Concrètement, vous pouvez demander le tarif de chaque geste cité pendant l’échange, et vous n’avez pas à justifier cette demande. Le professionnel est libre de fixer ses prix, mais pas de vous les découvrir à la caisse.

Une transition ajoute une difficulté: elle s’étale sur des mois et se décide au fil des séances. Faites préciser à chaque rendez vous le prix de la séance du jour, séparément de ce qui est seulement envisagé pour la suite. Les textes sont consultables sur Légifrance, le service public de la diffusion du droit.

Pourquoi une prestation de transition se chiffre rarement en une seule ligne

Un rendez vous de transition combine presque toujours plusieurs actes: une coupe, une technique de couleur par zones, une patine de finition, parfois un soin. Un montant global annoncé oralement mélange ces postes et rend toute comparaison impossible d’une séance à l’autre.

Demandez donc le détail poste par poste, et faites noter les temps de pose estimés. Vous saurez alors ce que coûte réellement une étape de fondu par rapport à une simple patine de rattrapage, et vous pourrez arbitrer sur des chiffres plutôt que sur une impression.

Ce détail sert aussi à comparer honnêtement avec ce que vous dépensiez avant, ce que détaille notre calcul du coût annuel réel d’une coloration couvrante.

Ce que le règlement cosmétique impose aux produits de coloration

Les produits posés sur votre tête ne relèvent pas du droit de la consommation mais du droit des cosmétiques, qui est européen et nettement plus exigeant que ce que l’on imagine.

Un responsable identifié et un dossier d’information sur le produit

Le règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques prévoit que chaque produit mis sur le marché soit rattaché à une personne responsable identifiée. Celle ci doit tenir un dossier d’information sur le produit, comprenant notamment un rapport d’évaluation de la sécurité, et le tenir à disposition des autorités.

Le même texte encadre l’étiquetage: identité du responsable, contenu, précautions d’emploi, liste des ingrédients. Un produit professionnel reconditionné dans un flacon anonyme perd cette information, ce qui n’a rien d’anecdotique quand vous cherchez ensuite à savoir ce qui a été posé.

Les mentions d’avertissement portées sur les colorants d’oxydation

Les colorations d’oxydation, celles qui couvrent durablement le blanc, contiennent des substances soumises à des conditions d’emploi précises et à des mentions d’avertissement obligatoires sur le conditionnement. Ces mentions portent en particulier sur le risque de réaction allergique et sur les usages exclus, notamment la teinture des cils et des sourcils.

Vous pouvez demander à voir le conditionnement d’origine du produit employé sur vos cheveux. Ce n’est pas de la défiance: c’est le seul endroit où figurent l’identité du responsable, la liste des ingrédients et les avertissements applicables.

Le test préalable, une consigne de fabricant plutôt qu’une obligation légale

C’est le malentendu le plus répandu en salon, et il vaut la peine d’être levé une fois pour toutes.

Ce que recommandent les notices et pourquoi le salon les suit

Le test d’alerte avant coloration, aussi appelé touche d’essai, figure dans les instructions d’utilisation des fabricants, avec un délai à respecter avant l’application. Le suivre relève de la bonne pratique professionnelle et de la prudence, pas d’une obligation posée par un texte réglementaire spécifique.

Un salon qui vous le propose applique la notice du produit qu’il utilise. Un salon qui ne le propose pas n’est pas hors la loi pour autant. Dans les deux cas, la question mérite d’être posée à voix haute, surtout si vous avez déjà réagi à un produit capillaire, à un tatouage temporaire ou à une teinture textile.

Ce qu’un salon ne peut pas faire à votre place

Une touche d’essai n’est ni un diagnostic d’allergie, ni un acte médical, et un résultat négatif n’engage rien pour les poses suivantes. Une coiffeuse n’a pas vocation à évaluer une réaction cutanée ni à vous dire ce que vous devez faire ensuite: ce sujet relève d’un professionnel de santé.

Sachez seulement qu’un effet indésirable survenu après l’emploi d’un produit cosmétique peut être signalé dans le cadre du dispositif de cosmétovigilance. Ce signalement existe indépendamment de toute démarche vis à vis du salon, et il alimente la surveillance des produits mis sur le marché.

Qui contrôle quoi en France

Deux administrations différentes interviennent, et s’adresser à la mauvaise fait perdre plusieurs semaines.

Votre difficultéCe qui est en causeVers qui vous tourner
Prix jamais annoncé, prestation différente de l’accordInformation du consommateur, pratique commercialeServices de la concurrence et de la consommation
Produit suspecté, réaction après une poseSécurité du produit cosmétiqueAgence sanitaire, dispositif de cosmétovigilance
Photo publiée sans votre accordDroit à l’image et données personnellesLe salon d’abord, par écrit

Le contrôle des pratiques commerciales et de l’information du consommateur

La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes veille à l’information du consommateur et à la loyauté des pratiques commerciales. C’est elle que concernent un prix jamais porté à votre connaissance, une prestation facturée sans rapport avec ce qui avait été convenu, ou une allégation trompeuse sur un résultat annoncé.

Avant toute démarche, écrivez au salon. Un courrier daté qui rappelle la prestation convenue, le prix annoncé et ce qui a été réalisé règle la majorité des situations. Les repères sur les droits des consommateurs sont réunis sur le portail service-public.fr.

La surveillance des produits cosmétiques et la cosmétovigilance

La sécurité des produits cosmétiques et la cosmétovigilance relèvent de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Elle reçoit les signalements d’effets indésirables et peut prendre des mesures sur un produit, ce qu’aucune direction du commerce ne fait.

Cette distinction change la personne à qui vous écrivez. Un litige sur un montant annoncé n’a rien à faire chez l’agence sanitaire, et un doute sur un produit ne se règle pas auprès des services de la consommation.

Vos photos avant et après, un sujet à part entière

Les transitions vers le blanc font de belles images, et beaucoup de salons le savent. Votre repousse peut donc se retrouver en ligne sans que vous ayez jamais dit oui clairement.

Une photo publiée suppose votre accord

La publication de votre image suppose votre accord, sur le fondement du droit au respect de la vie privée reconnu par l’article 9 du code civil. Un accord verbal donné le jour de la pose, dans l’élan d’un beau résultat, reste un accord fragile pour les deux parties.

Un accord vaut pour un usage donné. Autoriser une photographie dans le salon ne vaut pas autorisation de publication, et une publication sur un réseau ne vaut pas autorisation d’en faire une affiche de vitrine.

Formuler un accord limité, et le retirer

Une phrase suffit, écrite au dos de votre fiche de rendez vous et datée.

  • J’autorise la photographie d’une mèche, sans mon visage et sans mon nom.
  • J’autorise la publication sur le compte du salon, sans reprise en vitrine ni en publicité payante.
  • Je refuse toute publication en ligne, la photographie restant réservée à mon dossier technique.
  • Je demande le retrait de l’image publiée le, avec la date, dans un délai raisonnable.

Formulée ainsi, la demande de retrait n’a rien d’un conflit. Elle est presque toujours accueillie sans discussion, à condition d’être écrite plutôt que glissée entre deux phrases au téléphone.

Ce que la réglementation ne dit pas, et que l’on croit souvent

Trois croyances circulent en fauteuil, et toutes trois vous coûtent des mois si vous les prenez pour des règles.

Aucun texte ne fixe la durée d’une transition

Aucun délai réglementaire ne sépare deux prestations de couleur. Les délais évoqués en salon viennent des recommandations des fabricants et de l’état de vos longueurs, pas d’un texte opposable.

De la même façon, aucune règle ne fixe une durée normale de transition. Votre longueur, votre vitesse de pousse, votre rythme de coupe et votre historique commandent le calendrier, comme le montre notre suivi de la repousse blanche mois après mois sur une année.

Aucun texte n’impose une technique plutôt qu’une autre

Rien n’oblige à couvrir des cheveux blancs, rien n’impose le balayage d’intégration plutôt que la coupe de transition, rien ne rend une patine froide obligatoire avant un gloss. Ces choix relèvent de la discussion entre vous et votre coloriste.

Le cadre juridique protège votre information et la sécurité des produits. Il ne décide ni de votre calendrier, ni de votre image. Ce partage est plutôt une bonne nouvelle: il place la décision là où elle doit être, entre vos mains et celles de la professionnelle qui vous suit.

Connaître ces limites évite les deux erreurs symétriques, exiger ce qui n’est pas dû et renoncer à ce qui l’est. Vous savez désormais quoi demander avant une pose, à qui écrire selon la nature du problème, et comment cadrer l’usage de vos photographies. Reste à traduire tout cela en un plan de séances qui tienne sur l’année, ce que compliquent souvent les gestes des premiers mois qui rallongent la transition.

C’est le travail que fait le dossier de transition d’Argentelle: chaque passage en salon y laisse une trace datée, avec les prestations citées, les prix obtenus, les produits employés et vos accords sur les photographies. Pour voir ce que donne ce dossier appliqué à votre longueur et à votre historique, demandez une démonstration commentée.

Suite du dossier

Argentelle reprend ce que vous venez de lire et le transforme en dossier daté : calendrier calé sur votre longueur, fiche de rendez vous rédigée en vocabulaire de salon et galerie comparative alimentée chaque mois par vos photos.

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L’auteur Portrait de Jimenez Julien, éditeur d’Argentelle
Jimenez Julien

Jimenez Julien édite Argentelle, le dossier qui met par écrit le calendrier d’une transition vers les cheveux blancs, les photos datées de la repousse et les mots à employer en salon. Il a construit ce carnet en écoutant des coloristes indépendantes et des clientes qui avaient déjà renoncé une fois à laisser pousser leur racine.

Le parcours de Jimenez Julien et la raison d’être d’Argentelle

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