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Que faut il préparer avant le rendez vous où vous annoncez l’arrêt de la couleur ?

checklist Publié le Mise à jour le 11 minutes de lecture

Ce rendez vous là ne ressemble pas aux autres : il fixe le scénario, le rythme et le budget des mois suivants. Le préparer en trente minutes évite de repartir avec une solution standard. Voici la liste complète à parcourir la veille, point par point, sans rien laisser au hasard.

Nature morte sur une console d’entrée avec pochette cartonnée, tirages photo, mèche témoin blanche et clés, avant un départ au salon
Carnet de démarcation, checklist

Six éléments suffisent, et ils se réunissent en une demi heure la veille au soir: trois photographies de référence, l’historique écrit de vos douze derniers mois de coloration, une mèche témoin, le nombre de passages en salon que vous acceptez sur un an, trois refus écrits en une phrase chacun, et vos questions rangées dans l’ordre.

Rien de plus. Ce rendez vous ne demande aucune connaissance technique de votre part: il demande des informations précises que vous seule détenez, et deux décisions que vous ne pouvez pas prendre dans le fauteuil.

Sans ces six éléments, la conversation se fait de mémoire, et une conversation de mémoire finit presque toujours par une proposition standard, souvent une coloration ton sur ton en dépannage qui repousse le projet de plusieurs semaines.

À réunir la veille, en trente minutes

Chaque pièce de ce dossier répond à une question que votre coloriste vous posera, et à laquelle une réponse approximative coûte cher.

Les trois photos de référence et leur cadrage

Le téléphone suffit, mais le cadrage compte plus que la qualité. Placez vous près d’une fenêtre, sans lampe allumée, cheveux secs et coiffés comme d’habitude, et faites trois prises que vous garderez identiques tous les mois.

  1. De face, appareil à hauteur des yeux, à un bras de distance, pour la répartition du blanc sur les tempes.
  2. De trois quarts, du côté où vous portez votre raie, pour la retombée sur la joue et le contour du visage.
  3. Raie vue de dessus, appareil tenu au dessus de la tête, pour mesurer la largeur exacte de la bande de racine.

Cette troisième image est la plus utile et la moins prise. C’est celle qui permet de chiffrer la ligne de démarcation en centimètres au lieu de la décrire avec des mots.

Ne retouchez rien, ne redressez pas la lumière, ne choisissez pas la photo la plus flatteuse. Une série honnête sert de point zéro à toute la comparaison des mois suivants, décrite dans notre suivi de la repousse blanche mois après mois.

L’historique écrit des douze derniers mois

Votre coloriste a besoin de savoir ce qui a été posé sur ces cheveux, parce que le comportement d’une mèche à l’éclaircissement dépend entièrement de son passé. Une longueur recolorée quatre fois ne réagit pas comme une longueur recolorée douze fois.

Notez sur une feuille, ligne par ligne: la date approximative, le type de produit, couvrante, ton sur ton ou patine, la zone traitée, racines seules ou longueurs comprises, et le salon ou le produit employé à domicile.

Si les dates exactes manquent, ne les inventez pas. Reconstituez à partir du rythme: une retouche toutes les cinq semaines depuis janvier donne un nombre de passages fiable. Signalez simplement les colorations faites à domicile, qui changent la lecture.

La mèche témoin et le carnet de nuances

Prélevez une mèche fine dans la zone la plus blanche, à la racine, et liez la avec un fil. Elle montre votre blanc réel, celui que le reste de la chevelure masque et que ni la photographie ni le miroir ne rendent correctement sous un éclairage de salon.

Ajoutez, si vous les avez, les références de vos dernières patines et de vos derniers gloss avec le rendu obtenu, y compris ceux qui vous ont déplu.

À écrire avant d’entrer dans le salon

Deux décisions ne se prennent pas dans le fauteuil, parce qu’elles engagent votre année et non votre après midi. Elles s’écrivent la veille, à froid.

Votre rythme accepté sur douze mois

Écrivez un nombre. Combien de fois acceptez vous de revenir en salon dans l’année qui vient, en comptant les coupes et les prestations techniques ensemble.

Ce nombre est l’information la plus structurante de tout le rendez vous, davantage que votre pourcentage de blanc. Il élimine à lui seul certains scénarios: un balayage d’intégration entretenu suppose des passages rapprochés, un fondu sur coupes seules en demande beaucoup moins.

Ajoutez la fourchette de dépense annuelle que vous vous fixez, sans détailler. Une coloriste travaille très bien avec une enveloppe, elle travaille mal avec un silence suivi d’un refus au moment de payer.

Vos trois refus formulés en une phrase chacun

Trois refus suffisent, et ils doivent être courts, neutres et sans justification. Vous n’avez pas à expliquer pourquoi, et une phrase qui s’excuse invite à la négociation.

  • Je ne souhaite pas de coloration couvrante, même en dépannage sur les racines.
  • Je ne veux pas passer au dessus des épaules cette année.
  • Je ne prends aucune décision technique le jour même, je vous rappelle sous quarante huit heures.

Écrivez les au dos de votre feuille d’historique et posez la feuille sur la tablette dès le début du rendez vous. Un document lu vaut mieux qu’une phrase dite pendant qu’on vous rince.

Les questions à poser, dans l’ordre

L’ordre compte autant que les questions. On part de la technique, on passe au prix, on termine par le calendrier. L’inverse enferme la conversation dans le budget avant même de savoir ce qui est proposé.

Sur la technique proposée et ses alternatives

Demandez le nom exact de ce qui est envisagé, puis ce qui existe d’autre. La formulation qui fonctionne le mieux tient en deux temps: quelle technique proposez vous pour ma longueur et mon blanc, et quelle serait l’option la plus sobre si je ne veux aucun produit de couleur cette année.

Demandez aussi ce que la technique suppose ensuite, pas seulement ce qu’elle donne aujourd’hui. Un fond d’éclaircissement demande une patine froide derrière, et une patine se repose.

Sur le prix affiché de chaque étape

Demandez le prix poste par poste, avant que la préparation soit faite: la coupe, l’éclaircissement, la patine ou le gloss, le brushing. Un total annoncé en fin de prestation n’aide ni vous ni le salon.

Cette demande est parfaitement recevable. L’information du consommateur sur le prix des prestations de services est due avant l’exécution, en application de l’article L. 112-1 du code de la consommation, et elle porte sur chaque prestation, pas sur un forfait global.

Vos autres droits en salon, notamment sur les substances employées et le test d’alerte avant coloration, sont détaillés dans notre article sur ce qu’un salon doit vous dire avant de poser une coloration.

Sur le délai avant le passage suivant

Terminez par le calendrier: dans combien de semaines faut il revenir, et que se passe t il si je repousse d’un mois. La seconde partie de la question est la plus utile, parce qu’elle révèle si la technique proposée tolère un décalage ou non.

Moment de la conversationVotre questionCe que la réponse doit contenir
Après lecture de vos photosQuelle technique, et quelle option la plus sobreUn nom de technique, une alternative sans produit
Avant toute préparationLe prix de chaque étapeUn montant par prestation, coupe comprise
Avant de fixer la dateLe délai, et la tolérance au retardUn nombre de semaines et ce qui se passe si vous décalez
Avant de partirCe qui a été posé exactementProduit, zones traitées, temps de pose, rendu attendu

Les pièges du jour même

Deux situations font dérailler des rendez vous pourtant bien préparés. Elles se neutralisent d’avance.

La proposition de dernière minute qui change tout

Elle arrive presque toujours au même moment, une fois le peignoir noué, sous une forme séduisante: on pourrait faire un petit quelque chose aujourd’hui pour que ce soit plus joli en attendant. Ce petit quelque chose est souvent une couleur posée, et il ajoute une ligne à votre historique.

Une phrase de report suffit, et il vaut mieux l’avoir apprise que l’improviser: cette proposition m’intéresse, je préfère y réfléchir et vous rappeler dans deux jours pour la caler.

Le shampoing de la veille et l’éclairage du salon

Venez avec des cheveux non lavés du jour et non coiffés. Un cheveu fraîchement lavé et brushé remonte à la racine, gonfle et brouille la lecture de la limite: la coloriste voit un dégradé là où il y a une ligne nette.

Méfiez vous aussi de l’éclairage. Un plafonnier chaud réchauffe le blanc et masque les reflets jaunes, un néon froid fait l’inverse. Demandez à vous placer près de la vitrine pendant l’examen, et sortez vos photographies prises en lumière de fenêtre, qui restent la référence.

Après la prestation, avant de quitter le salon

Les cinq minutes qui suivent le paiement décident de la qualité du rendez vous suivant. Elles se préparent aussi.

Ce que vous notez tout de suite

Notez au dos de votre feuille, pendant que c’est frais: la technique employée et son nom, les zones traitées et celles laissées intactes, le temps de pose approximatif, le rendu obtenu et le délai conseillé avant le passage suivant. Ajoutez la note de la prestation, qui porte le détail des postes.

Ces lignes constituent votre carnet de nuances. Elles évitent les corrections contradictoires quand vous changez de salon ou quand la coloriste qui vous suivait n’est plus là.

La photo de sortie au même cadrage que les autres

Prenez la photographie de sortie le jour même, mais pas dans le salon: le brushing et l’éclairage professionnel la rendraient incomparable avec votre série. Rentrez, laissez passer le premier lavage, et reprenez vos trois prises près de la même fenêtre, à la même distance.

La liste, une fois, puis dix mois de suivi

Retenez l’essentiel: trois photographies dont une raie vue de dessus, un historique reconstitué au rythme plutôt qu’à la date, un nombre de passages acceptés, trois refus écrits, des questions rangées de la technique vers le calendrier, et cinq minutes de notes avant de partir. Cette demi heure change le contenu du rendez vous, pas seulement son ambiance.

La difficulté n’est pas de faire cette liste une fois, elle est de la tenir chaque mois pendant toute la transition. C’est le travail que prend en charge le dossier de transition d’Argentelle: rappel photographique au même cadrage, historique et carnet de nuances conservés, fiche de rendez vous imprimable avec vos colonnes accepté et refusé. Les évolutions récentes des pratiques en salon sont réunies dans notre article sur ce qui change dans l’accompagnement des cheveux blancs.

Si votre rendez vous est déjà pris, demandez une démonstration de la fiche de rendez vous en indiquant votre longueur, votre rythme actuel et la date prévue.

Suite du dossier

Argentelle reprend ce que vous venez de lire et le transforme en dossier daté : calendrier calé sur votre longueur, fiche de rendez vous rédigée en vocabulaire de salon et galerie comparative alimentée chaque mois par vos photos.

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L’auteur Portrait de Jimenez Julien, éditeur d’Argentelle
Jimenez Julien

Jimenez Julien édite Argentelle, le dossier qui met par écrit le calendrier d’une transition vers les cheveux blancs, les photos datées de la repousse et les mots à employer en salon. Il a construit ce carnet en écoutant des coloristes indépendantes et des clientes qui avaient déjà renoncé une fois à laisser pousser leur racine.

Le parcours de Jimenez Julien et la raison d’être d’Argentelle

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